18.5.08

comme de la fumée


Le bruit de la route s'estompait, la lumière changeait à chaque seconde, nuage après nuage, le soleil peinait à se dégageait du ciel pour s'imposer ici. Dans l'esplanade vide, on respire l'air de demain, hier est si semblable à aujourd'hui qu'en s'immobilisant il risque d'engourdir chaque chose dans l'inertie. Sur le sol, les ombres se forment et s'effacent selon le caprice du vent. On reste là aussi peu longtemps que possible. Quand on part, on laisse plus que l'orage derrière soi. Ces vers de Verlaine - "L'ombre des arbres dans la rivière embrumée / Meurt comme de la fumée"

17.5.08

de là

en faisant coulisser la rue sur le soir, ce qui se laissait voir, c’était au loin la descente vers toi, au près l’impossibilité de rejoindre, et de là, une immobilité pénible, un entre deux qui prenait toute la place. Alors s’asseoir ici, et faire le compte. Sur le mur – « faut-il croire les mimes sur parole ». Un livre dans la poche. Se mettre à le lire sur le champ. Prendre des notes pour plus tard. Le temps n’est pas passé. Mais autre chose que lui, de plus sourd et de plus lâche, de plus désœuvré – qui se nomme peut-être l’attente, ou plus sûrement, demain (il fera jour).

15.5.08

crève


Le jour tombe sur moi comme l’orage qui crève un ciel trop plein. Pourtant, ce n’est pas vraiment enjamber ma porte qui me fait sentir le poids inutile du jour, mais quand je rentre : la fatigue s’est accumulée sur moi, mais une fatigue stérile, comme d'attendre : j'ai été traversé tout la journée par la pensée d’être ailleurs - ciel où la pluie tombe d’avoir été arrachée.

12.5.08

plus étroite

à chaque mètre la route est plus étroite, plus longue, plus lourde à traîner - plus profonde où s'enfoncer.

11.5.08

brûlée


espace blanc, ville brûlée au blanc qui la constitue, territoire vide qui se vide quand on le pénètre, qui s'enfuit devant chacun de nos pas, ciel blanc, paysage si long, colline blanche derrière laquelle rien ne bascule, arbres blancs, soleil plus blanc encore qui déchire les yeux et imprime à la rétine blanche des visions blanches qui ne s'effacent pas, maison blanche et blanchie encore à la craie râpeuse de la pluie, ville qu'on cherche derrière la vide.

8.5.08

dégagements


on creuse on fouille on remue on recherche on arpente on parcourt de fond en comble on retourne on nettoie on dégage surtout on dégage et on jette forcément on jette la plupart du temps on jette on passe son temps à jeter la plupart du temps et on reprend on reprend après avoir désespérer de trouver quelque chose de pourtant enfoui on perd un temps un temps seulement la certitude que quelque chose est enfoui mais quand on dégage une poussière un coin de poussière un détail une phrase plus profondément enfouie et quand on l'arrache à sa terre c'est presque toujours seulement une poussière de plus de la terre ce n'est que de la terre moins épaisse alors on se dit qu'il n'y a rien d'autre - mais on recommence et parfois autre chose sort de terre qui n'en est pas on reconnaît tout de suite au premier coup d'oeil que ce n'est pas de la terre mais quelque chose qu'on a enfoui dans la terre et qui s'en dégage et qui donne prix au temps à la douleur d'arracher le corps du corps à toutes les heures qui forment la majorité du temps où l'on ne retire rien de ce lent patient travail de dégagements mais recommencé

7.5.08

allée breton

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