28.7.06

le retard

Métro Bonne-Nouvelle - affiche ; neuf heures trente.

Je suis venu ici pour ne pas avoir à me perdre.
Et quand le retard commence, tout est toujours passé.
Le présent rejeté si loin devant, n'est pas même un à venir. Alors se perdre est déjà terminé. Le retard prend tout son temps. La route était longue. On n'en voyait pas la fin. On est perdu. Le salut n'existe pas. Chez soi n'a jamais existé. La route était si longue que le retard sur les reflets des vitres prenait le temps à l'envers - de sa fin interminée, à sa source interminable, il dérivait vers moi, qui ne le regardais pas. Mais je ne sais pas le mot. J'attends alors. Je ne pouvais faire qu'attendre - et l'attente s'est confondue avec le retard. Sur une vitre, l'image renversée d'une image. Personne ne la voit que moi. Et je ne suis pas sûr que cela fait d'elle une image à regarder. Le retard ne cesserait pas - battre le temps, à contretemps.
Je suis venu ici en terrain inconnu.
Où se perdre est finalement arrivé.

25.7.06

basculer

Châtelet - Porte Océane ; minuit neuf.

Une marche après l'autre.
On n’en voit pas la fin.
On ne bascule sur rien d'autre que la fatigue.
Lente remontée.
Quand il a fallu rentrer, j'ai pris au plus long.
Je n'ai pas pensé aux conséquences.

23.7.06

cette fin là

Métro - murs ; huit heure vingt.

On a fini par ne plus y croire.
C'est allé très vite. Sans même s'en apercevoir.
Tout pouvait arriver alors, le pire ne serait jamais atteint
- on l'avait dépassé.

Les murs tombaient. Les uns après les autres.
On a cessé d'y penser. Et on a continué.
Les murs se recouvraient d'autres murs.

22.7.06

maintenant

Pont - maintenant.

Il est tard pour commencer. Il est trop tard. Mais enfin.
La ville bouge encore.
Alors je ne sais pas.
Si c'est le mouvement - ou la tombée.
Ou alors, pour commencer - maintenant.