13.8.06

gestes

Une partie de la nuit - Jardin du Palais Royal

Un temps fort, pour un temps faible. Un silence sur le temps fort.
La pulsation scande le contretemps.
Dans le jardin du Palais Royal, derrière le Louvre, il y a cette statue que personne ne regarde.
Pendant le temps fort, l'eau retombe au hasard sur le sol, la fontaine ne s'arrête jamais.
Les temps faibles sont plus longs. Un silence encore.
Je me rappelle ce que me disait Ethan.
"Vois comme à chaque geste correspond un silence"

Il avait tort. Il n'avait pas vu ce soir. La statue immobile, dans ses gestes, dans le contretemps.
Sur le temps faible précisément.
Je ne sais pas si je vais rentrer ce soir.
Un silence plus tenace.
Et ça s'arrête. Le reste peut continuer.
Les gens donnent leur avis.
Je voudrais cracher par terre.
J'essaie de ne pas penser. De ne penser à rien.
Je me sens toujours menacé. C'est d'être attendu quelque part.
Sur le miroir, je ne vois rien.
Pas même le reflet.
Est-ce que je suis transparent.
Ou alors aveugle.
Ou trop silencieux.
Pour compter les temps faibles, il faut entendre les temps forts.
Et je n'entends rien. Que l'envie de cracher par terre, les gens rentrent chez eux et parlent d'amour. Un temps faible sur un temps fort, ils en parlent comme d'une chose importante.
Le temps faible épais clos sur lui même, et dans le temps fort pris sous la nappe de chaleur, c'est l'avis des gens dispersé, leur présence vaine, forcée, bavarde.
Un temps faible sur le temps fort, c'est la durée de la nuit.
Je mèle les deux à présent.
Et à présent, chaque geste de la statue continue le silence encore.

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