28.8.06

la nuit ne s'arrête pas

On ne saute pas au dessus de son ombre

On passait son temps à aligner les jours les uns derrière les autres, avec la naïveté de penser qu'ils allaient finir par se rejoindre. Et résoudre le problème (le bonheur, la paix, le silence - toutes ces conneries). Finalement, c'était d'ouvrir les yeux au passage des nuits qui avait arrêté tout ça. On se rendait compte qu'on n'irait pas loin. Que les jours ne finiraient pas par arriver. Ni quelque part, ni un jour. Que ça ne résoudrait rien, jamais. Que si la paix était trouvée, et le silence, et le reste, le prix à payer était si lourd. Le prix à payer nous dépouillerait, il ne laisserait sur nous que la peau - et dans le froid, on se tiendrait nus les uns contre les autres pour arracher un peu des secondes aux heures, et tuer le temps à le poursuivre, encore un peu, pour eux, pour rien. Alors, se dire ça. Et puis sortir chercher quelque chose pour empêcher de se faire avoir. Il suffisait de trouver la nuit qui justifierait tout, qui cracherait sur le froid, la nudité des peaux vautrées devant la succession des choses, des jours endormis qui ploient sur nous, qui nous étouffent, peu à peu, sans qu'on s'en rende compte. Et cette nuit est arrivée. Cette nuit, c'était plus loin que la fatigue. La suite n'arrivait jamais. C'est pour ça - on finirait par l'écrire. La voir peut-être. La fin de la nuit. Les types n'y croient pas. Ils se couchent pour pas voir ça. Moi, j'ai eu envie de voir. J'ai marché longtemps. Et puis, j'ai arrêté d'attendre. Rien n'est venu. Il m'a dit qu'il ne comprenait pas. J'ai rien dit. Il comprenait, mais il ne voulait pas qu'on en parle. La nuit a traversé toute la nuit. J'ai marché sur mon ombre. Et j'ai cru tomber. Mais je suis resté suspendu dans le vide, accroché à une pensée qui disait - tout le reste découle de cette nuit, et surtout ce qui allait arriver. Maintenant.

3 commentaires:

Patch a dit…

je retire tout ce que j'ai pu te dire, (et je ne l'avais pas puisééé dans l'ennnnncre de te s yeuxxxxxxxxx)

après avoir lu l'indigeste conversation de picco avec ce qui va sans dire, je te trouve presque pas trop lourd.

d'ailleurs ce qui va sans dire, j'ai un nouvel éclairage sur son pseudo. c'est un type qui va, qui vie, sans rien dire, il parle surement beaucoup, mais pour ne rien dire, il est ce qui va sans dire, c'est à dire un mec un peu chiant sur le papier.

Arnaud Maïsetti a dit…

d'ailleurs ce qui va sans dire, vaut mieux pas le dire, puisque ça va sans le dire - juste regarder, se taire (et encore)
non ?

vaut mieux éviter de dire les choses qui vont sans le dire.

comme cette chose là que je viens d'écrire - par exemple.

m a dit…

ne pas juger.
se regarder avant.
se taire et savourer l'instant.