1.9.06

la possibilité de se jeter

Rue des petits carreaux - tout à l'heure

Voilà. L'image n'est pas nette. On ne sait pas ce qui l'empêche de sauter dans le vide. On ne sait pas quel jour. Quelle nuit ça a commencé. Dans la lumière ça ne fait pas de différence. L'image n'est pas floue, c'est juste le souvenir qui remplace le vide. Quand on a commencé à vouloir se pencher pour voir en-bas, on a vu seulement de la profondeur, et on s'est reculé. On a fait le point. Place nette. Poser des barrières, séparer les réalités. Mais j'ai l'image dans la tête - on ne pourra pas l'enlever - de la possibilité de se jeter dans le vide. Et la chute ne finirait pas. On n'entendrait même pas le choc en contre-bas. Parce que le bruit n'existerait pas. Ou parce qu'il serait trop lointain. Quand j'ai levé la tête, la statue était à sa place. Elle ressemblait à un mime. Immobile et sur le point de tomber. Je pense au moment où les crampes seront trop fortes. Où le monde n'en pourra plus de tenir la statue sur ses épaules et la jettera. Où il se jettera. Je pense au moment où ça a commencé - où il a commencé à se jeter.

2 commentaires:

Dufaure a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Dufaure a dit…
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