27.10.06

grand ouvert

ombre portée

d'un bruit à l'autre du soir encore comment ne pas l'entendre l'avancée de la main dans le noir prête à serrer tout contre elle les peurs et les désirs comment ne pas s'y abandonner d'un bout à l'autre du sommeil dans ces régions pâles où je compte le temps en années-lumière en poussière souvent à force de serrer les dents sur les traversées ininterrompus des rues dehors qui organisent le temps sans moi ici jusqu'à l'autre terme du jour et si devant la porte il y a une ombre allongée je ne la vois pas encore il y a aussi des escaliers je ne les descendrai qu'après être sûr qu'en bas j'y trouverai une raison suffisante déposée en bas juste en bas je n'aurai qu'à me pencher et je ramasserai d'un geste et sans effort le jour plié en deux attendant qu'on le relève mais jusqu'ici d'un bout à l'autre du miroir l'image renversée des lettres cachetées sans usage véritable des univers entiers déportés vers le centre et dans les marges rien d'autre que d'un bout à l'autre de la pensée les escaliers qui descendent vers le jour et l'ombre portée de la nuit tendue contre la porte qui l'empêche de se fermer

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