20.10.06

voilences faites à la réalité

Boulevard - sens unique

Les épaisseurs de réalités se superposent - dans la mémoire, sous les yeux, et même de chaque côté de la route, au milieu d'elle : où que le regard porte, c'est l'horizon qui tremble, qui s'éloigne. Je m'en voudrais si je traverse. Si je lâche le sol d'ici pour le trottoir d'en face. Et si je reste, aussi, si je m'en tiens là. Tout est affaire de déplacement - affaire de mouvement, d'espaces qui se chevauchent. Non pas se tenir dans l'espace seulement, mais disposer l'espace autour de soi. Comme un acteur - une actrice qui évite les coups de corne invisibles, qui tend la nuit au dessus de moi et jusqu'au matin. Les épaisseurs de réalités se fondent, les lignes de fuite portent sa voix, et dans ses gestes, les violences faites à toutes les réalités, qui s'annulent. Dans sa voix, les gestes qu'en rêve, les acteurs - les actrices font pour remplacer le mouvement, et inventer la réalité. Dans ses gestes, la voix de l'actrice étendait les nuits, et l'aurore ne se levait pas. On y pensait, comme un souvenir, mais jamais le souvenir n'arrivait à venir à bout de cette réalité là - des coups de corne invisibles, qu'elle évitait.

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