6.11.06

effacer

de l'attente comme traversée - par le milieu

et je ne dis pas la cause - la conséquence empruntée aux autres en moi ; j'efface. Si je porte la main devant moi, c'est toujours un peu d'espace mien (un cercle qu'autour de moi je trace et qui m'appartient) qu'il s'agit, toujours, et je n'en sors pas - de ce cercle qui m'entoure, et dont je ne peux sortir que si j'efface.
et je ne dis pas la raison - la fin à jamais recommencée des chutes interminables d'une histoire tombée sur elle même, et qui ne se relève pas ; effacée. Effacée encore comme la trace qu'en chaque instant je disperse, derrière laquelle à chaque endroit je disparaîs - qui produit mon effacement. Ainsi, j'efface.
On dirait que traversant le jour à moitié aveugle, je porte la main devant moi, et je pousse le noir. Que je m'arrête au milieu de la route comme cet homme pour attendre. Que l'immobilité soit ma propre destination. Qu'il soit le mouvement de la traversée. Avançant, j'étais invisible - confondu avec la marche du monde. Arrêté et toisant le jour au dessus de la nuit ouverte maintenant, je l'efface ; effaçant avec moi tout mouvement, toute immobilité, portant devant moi, les mains de l'ignorance. J'efface, comme un miroir avalant la buée qui le couvre.

1 commentaire:

m a dit…

"que l'immobilité soit ma propre destination" , j'aime le goût de cette phrase , friandise qui résonne dans ma tête ; ce sont des mots qui étreignent la solitude de ces jours.