21.11.06

moments d'absence

en descendant rue des carmes

tous les gestes fixes, les gestes abîmés, figés dans le reste, dans l'attitude, et l'effarement, tous les gestes posés sur le bas-côté, abandonnés le jour du départ, dans un coin pour oublier, et tous les autres gestes, les gestes qui déplacent, qui enfoncent les pas dans le sol, les mains dans les poches, qui font le ciel plus haut, les ruelles plus étroites encore, tous les gestes inventés, lever les yeux, les gestes évidents, les gestes invisibles qui remettent chaque chose à leur place, les gestes arbitraires qui organisent le monde, les gestes étranges qui marquent la reconnaissance, qui délimitent l'espace, la solitude possible - et impossible, les gestes impossibles, qu'on dessine secrètement dans le noir quand on est sûr que personne n'est là pour les surprendre, les gestes qui dévisagent, dans les moments d'absence, les gestes qui font rendre gorge à la réalité

Aucun commentaire: