2.11.06

silence sur le temps fort

Rue de la lune - Eglise Notre Dame de Bonne Nouvelle

Les raisons de partir ne sont pas suffisantes. Je recommence. Ramasse d'un regard les premières feuilles de l'année tombées sur le sol, presque vertes encore. L'épaisseur des choses. La brutalité du froid ce soir - pour la première fois, aussi. Une heure de moins - de plus, qu'en faire de cette heure de plus (de moins) qu'on ignorait. Je l'imagine comme une raison de plus pour partir. Une raison de moins, quelle différence. Quant à l'idée d'une direction, je ne choisis pas. C'est ici. Partir. L'endroit où les choses prennent de l'épaisseur. Où partir n'est pas seulement désiré - mais davantage : éprouvé (je ne sais pas le mot). Pourquoi ici - comment. La question qui se pose. Je recommence. Pourquoi ici se poser la question de ne pas en rester là. Cette histoire d'heure de plus - de moins - de contretemps dans la sérénité vague et endormie des habitudes

"Contretemps
:
1. Inopportunité.
2. En musique. Se dit lorsque le silence se fait sur le temps fort.
3. En grammaire - ou musique. Qui se dit de tout accent qui tombe où il ne doit pas tomber."
Quand le silence tombe sur le temps fort - les choses prennent de la vitesse, de l'épaisseur. Je recommence - parce que c'est impossible d'en rester là. Ni même de partir. Alors, dehors, rue de la lune, c'est un square désert, les premiers froids, novembre déjà. C'est marcher jusqu'ici. C'est trouver un endroit où les choses prennent de l'épaisseur - ne pas me raconter d'histoires : je ne me laisserai pas faire par la fausse habitude des apparences. Ce n'est pas suffisant. Ici, c'est le lent apprentissage d'une résistance aux habitudes ; certitude que les raisons ne sont pas suffisantes, ne le sont jamais. C'est tomber où je ne dois pas tomber. A nouveau, j'imagine la chute de l'histoire.

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