18.11.06

voici la foule

devant l'Hôtel de Ville - en passant

les foules se pressent, en rang l'un derrière l'autre - les corps ne se touchent pas, regards dans le vide, regards vidés, regards du vide ouvert en plein sur le toujours des attentes forcées - penser seulement ne plus penser - (un temps) - penser encore à vider le regard de tout le reste qui le signe, qui le pousse à penser - (attendre) - et en passant, jeter un oeil (comme on jette sa cigarette) - et ne penser à rien d'autres (à part à Desnos :

Pendus, égorgés, empoisonnés
voici la foule des suicidés
le chemin se hérisse, il a la chair de poule

Ce n'est pas de la peur - ce n'est pas de l'attente - ce n'est pas de penser - (toujours) - mais voir croiser dans le regard des foules, l'oeil vide qui se vide encore de tout ce qui aurait pu l'attirer (une silhouette - un corps à toucher - à jeter) - et puis cette histoire de suicide : une (autre) manière de tuer le temps.

4 commentaires:

Patch a dit…

j'avais complètement oublié, tu sais.
c'était devenu impossible.

Arnaud Maïsetti a dit…

comment on peut oublier quand c'est impossible ?

Patch a dit…

peut être.

Arnaud Maïsetti a dit…

qui peut le plus
peut (être) le moins