5.12.06

comme une possibilité

Barricades de publicité en bas de la rue (travaux)

Où le vent souffle et ne disperse pas, la ville est une grande rue ouverte traversée, une grande étendue de trottoirs qui finissent par se rejoindre sous mes pieds, le vent ne disperse rien, ni pensées rangées en ordre dans les journaux, ni fatigue accumulée derrière le jour (le soir)

Peu de chose, rien qui chasse
l'effroi de perdre l'espace
est laissé à l'âme errante
(Ph. Jaccottet)

Où le vent disperse, il y aurait (qu'on emporte cela) les lumières éteintes en premier, et puis le reste (tout le reste qui n'en finit pas), le reste : même le vent : où le vent disperse il y aurait la force d'avancer sans penser (sans fatigue) - et parler - la langue remplace la ville, qui nomme les choses, affiche en grand les désirs, chasse la peur, l'espace, dessine sur le sol les chemins de l'errance, les routes automatiques jusqu'au sommeil - la langue parle (encore elle dit des choses comme je ne suis qu'ici je ne suis pas d'ailleurs et peu de chose, vraiment peu de chose comme se poser sur les instants et peser encore et encore comme les retenir mais ne pas les regretter (jamais) et les déplacer devant la ville pour faire parler en elle la résistance possible aux jours encore) elle se pose sur la ville et l'efface (l'efface sans doute ce n'est pas le mot ; l'efface ce n'est qu'une image de plus avalée par la ville), elle se pose sur la ville et parle sa langue à elle, la remplace, la langue remplace la ville et puis l'errance vient seule, sans effort, comme une possibilité grande ouverte sur le jour, comme une volonté irrespirable imposée sur le vent qui disperse, et ne souffle plus.

3 commentaires:

marionK a dit…

...me suis demandé par où commencer. Commencer par dire quelque chose fut ma première idée, je m'y tiens, et m'excuse de venir faire un tour chez toi sans regarder un peu de ce que tu vois. Non, pas d'indifférence, d'égocentrisme affiché, de désespoir à peine camouflé...Je n'ai que le manque de temps pour expliquer mon silence de deux mois...et le besoin impressible d'un peu de lyrisme pour justifier mon passage éclair sur ton terrain que ne lis pas (L'hiver, saison du Mea Culpa !). Je voulais simplement savoir où tu étais, comment tu vas, ce que tu fais en évitant bien sur après si longtemps de te demander si justement on pourrait en trouver un peu "du temps"...
Moi je pars après-demain pour un voyage pas long et pas loin ...enfin sufisamment pour que le soleil de là-bas se couche presque deux heures avant celui-ci d'ici...Bon, j'arrête de "Le" commpter, j'essaie d'en trouver.
Je vais bien, vraiment, aimerais te parler.
T'embrasse
MarionK

Patch a dit…

Arnaud il faut que tu saches, le contre temps, c'est contrer le temps, ce n'est pas dis dans les manuels de solfège.

le contre temps c'est la petite fille contre la porte, qui fait avec tout le poid de son corps, tous les efforts du monde pour l'empecher de s'ouvrir. le temps c'est les gens, la foule qui hurle à la mort derrière.

il faut que tu saches Ethan, que le contre temps n'est pas Eternel, que la petite fille meure ecrasée à chaque temps, et qu'elle recommence à chaque contre.

il faut que tu saches que c'est une lutte de tous les uns temps.

il faut que.


et aussi que.

Patch a dit…

Ethan, des fois je suis désolé.