9.12.06

l'aveu

derrière la Place

Nous voudrions garder le ciel pour nous, nous voudrions parler et ce n'est pas suffisant, nous voudrions serrer contre nous une seconde dans le froid, pour la garder pour toujours contre nous, et serrer encore (ce n'est pas suffisant), nous pensons rentrer, nous cacher dans l'obscurité pour dormir (et rêver peut-être), mais le soir l'aveu de la nuit proche nous enlève, et nous emporte loin, un peu plus loin, et la ville est éparpillée dans le ciel, on peut voir ses lumières, on peut les compter, on peut deviner sous ce qu'elle cache, les promesses qu'elle n'ose plus faire, les risques qu'elle ne prend plus, les dangers qu'elle évite - dans le ciel reflété des lumières de la ville, on peut voir les paroles qu'on s'adresse, auquel on ne renonce pas (nous n'avons pas renoncé), on serre contre nous chacune de ses secondes, on ne rentre pas encore, on lève les yeux au dessus du dôme dans le soir allumé par la ville reflétée au ciel, on compte les étoiles, on oublie le froid, on frôle un peu (et ce n'est pas suffisant) cet aveu que la nuit concède sur nos pas ; on va fermer la porte, on jette un dernier regard par dessus l'épaule - voir si les lumières sont encore là.

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