3.12.06

le jour n'entre jamais

à l'heure (toutes les trois minutes)

j'ai marché devant moi, devant moi encore, un pas après l'autre, il y avait encore devant moi le sol et le reste, le plafond au dessus, il y avait - devant moi chaque rangée de trottoirs alignait les maisons, les toits par dessus, comme pour cacher, et les portes des maisons bien devant pour empêcher les rues d'entrer, les rues de sortir du dehors pour marcher sur les portes et les enfoncer - dans le métro il ne fait pas nuit (non), il ne fait pas nuit parce que le jour n'entre jamais, le téléphone ne passe pas (on n'entend rien, on sait bien qu'on n'entend rien, on crie, on est dix mètres sous le sol, on voudrait l'entendre encore, personne ne nous entend, on crie dans le téléphone et personne ne nous entend) les gens ne restent jamais (sauf quelques uns, on les regarde comme le trottoir qu'on chevauche), les bruits sont les mêmes d'un bout à l'autre du métro, marché devant soi, toujours on confond les stations, les sols, les bruits, les gens qui passent, ceux qui restent, les minutes à heure fixe qui s'arrêtent et repartent, et repartent devant moi (il y avait le sol, le trou du sol où passe le métro, le trou invisible qui nous déplace par à-coups dans le métro) - les gens sont les mêmes, les sols, et le reste, et devant moi, les portes s'ouvrent et se ferment dans un bruit, les vitesses passent et soufflent sur le sol, devant moi s'arrête, j'ai marché devant moi - un métro après l'autre encore, barrière verte et blanche, et devant moi ne s'arrête pas.

3 commentaires:

Patch a dit…

jeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee
me suis parfois baladé sous terre

je dois être un nain sans foreuse § § § §

Anonyme a dit…

T'imagines, Arnaud, le nombre de pas par cycle ou heure de trois ou soixante minutes qu'il te reste à devoir avaler... Alors pour s'empecher de marcher il arrive qu'on nage ou qu'on vole, qu'on s'offre des chantiers et des sentiers sans voies tracées... la vie quoi!

Arnaud Maïsetti a dit…

j'imagine... "sans voies tracées"... oui...