3.1.07

365

Rennes - Paris

Les talus dehors séparent dedans ce qui reste de la vitesse derrière l'écran immobile et sale d'où je les vois, monter et descendre - dans les voitures silencieuses, dans les voitures chaudes et silencieuses, on peut entendre l'avancée souple dans le froid dehors. Dehors, ça ne passe pas.


"au dehors, les arbres enivrés de tous les regads ont le vertige monstrueux des foules au départ d'un avion pour un voyage éternel" *

Quelque chose comme ça. De plus latent encore. Quelque chose comme une salle d'attente bondée (dehors) jusqu'à déborder, jusqu'à se renverser sur le sol, et s'étaler de tout son long ; quelque chose comme un chiffre magique répété jusqu'à épuisement, et perdu à force d'être ainsi répété. Les talus séparent deux immobilités ; l'une est prostrée dans le froid dehors et regarde passer l'autre, portée par le silence et le chaud dedans. Ce qu'il reste à traverser. Dehors ne passe pas. Les arbres vibrent au passage. Sans qu'on sache qui du vent ou de la vitesse - qui du dehors ou du dedans déplacent sur des kilomètres les entr'aperçus d'arbres tordus, de froid déposé sur des talus écrasés, qui montent et descendent, ouvrent le passage sur les chiffres magiques oubliés.

"Le monde qui écrit 365 en caractères arabes a appris à le multiplier par un nombre de deux chiffres" *

* Breton, Soupault, Les Champs magnétiques

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