15.1.07

dans les brisements

Rue Saint-Apolline - par terre qui traîne

Quelques phrases au hasard, et ce n’est pas un hasard, les dernières lignes par cœur depuis si longtemps – combien – paix dans les brisements pour état de guerre permanent, loi martiale sous toutes latitudes, les pensées, les fatigues (et le mal au cœur comme une pierre qui leste et qui entraîne la chute)

cependant qu’un froid extrême
saisit les membres de mon corps déserté
mon âme déchargée de la charge de moi
suit dans un infini qui l’anime et ne se précise pas
la pente vers le haut
vers le haut
vers toujours plus haut
la pente comment ne l’avais-je pas encore rencontrée ?
la pente qui aspire
la merveilleusement simple inarrêtable ascension *

* H. Michaux, Paix dans les brisements

C’était écrit ininterrompue, et le texte corrigé, devenu inarrêtable, s’est arrêté ici, ne pouvant sans doute plus remonter vers l’origine portée en avant de lui – ce soir, près d’Apolline endormie, en traverse Rue Blondel et plus bas encore, en traverse mais plus bas, Rue Saint-Sauveur vide, et plus loin, plus bas, je le devine, la rue Dussoubs descend profond dans le soir, les bruits sont forts par là, et je lui tourne le dos, et cependant qu’un froid extrême, la lente remontée de la journée me saute à la gorge d’un seul coup

1 commentaire:

Richie154740 a dit…
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