1.1.07

où basculer

Hier soir - juste avant qu'il pleuve

Se jettent sur les dernières secondes, se pressent les uns contre les autres, décomptent, de plus, de moins, des secondes de plus et de moins, déjà nostalgiques des secondes à venir, regrets des années qu'il reste à passer, qui deviendront poussières, poussières encore qui traversent la paume de la main, rien qui s'accroche, rien qui reste, devant, "marche que le jour finisse", ce n'est pas le temps, juste une année en moins qu'il reste à oublier, encore, territoires apaisés, reconnus, territoires et cérémonies connus à visiter et revisiter encore jusqu'à l'écoeurement, les usines produisent (et recrachent : un bras, deux), théâtres ouverts sur les attentes, avancée dans le noir sans élan, au milieu, les marches s'accélèrent mais les mouvements sont (déjà) les mêmes

(pourquoi ces phrases qui reviennent :

les vivants avançaient
à pas de somnambule
ils paraissaient se mouvoir
dans une substance invisible
affreusement
épaisse
et pesante *

*Georges Hyvernaud, "La Peau Et Les Os" (le Camp des russes)

pourquoi)

mais les mouvements sont les mêmes
("dès qu'on a su l'endroit, on y est allé, pour voir, pour comprendre, pour de nos propres yeux voir et comprendre ce que les autres avaient vu, et peut-être les choses allaient-elles changer, sans doute rien ne serait pareil alors - ce n'était pas si loin, c'était possible, à portée de main, le moment où basculer")

Pulsations qui battent encore la mesure, en avant ; l'inconnu qui oriente, violence qui impulse l'avancée, refus d'en rester là, à compter ; pressentiment des territoires nouveaux à envahir, à dévaster.

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