11.2.07

chasser le froid

dans l'attente

Pendant ce temps, il y a encore ce type, il est assis dans le vide, il s’allonge le jour, et la nuit il marche pour chasser le froid de son corps, il marche droit jusqu’à Denfert, il y a un banc, il s’assoit un peu, regarde le vide encore, regarde le vide et se raccroche à lui pour ne pas tomber, et derrière, Saint-Anne endormie gratte le dos, on voudrait s’en défaire, et plus loin, Alésia, ses rues longues, on en voit le bout, c’est impossible de les prendre, ces rues dont on voit le bout, alors, direction le nord, à l'opposée, direction Saint-Martin, par les rues froides, chasser le froid qui traine par ici, les bouches de métro fermées sur la nuit narguent, on passe devant elles sans les saluer, sans les envier, on marche plus loin encore, dépasser Saint-Michel par la gauche, les fontaines sèchent ainsi, dans le froid et l’anonyme des heures qui se dérobent, marcher jusqu’à Saint-Martin, de là Saint-Denis, et Saint-Denis le matin se lève, immuable, il attendait seulement qu’on y arrive, se terrer dans les sous-sols, et attendre, attendre le soir, ne rien faire qu'attendre, allonger, prendre des forces au vide qui en laisse trainer tant qu'il peut, prendre des forces pour la nuit qui s'annonce, redoutable et froide, une nuit après l'autre, et pendant ce temps, dormir, pendant ce temps où les autres se lèvent et prennent la marche du monde avec les premiers métros, les premières lumières de la journée sur le sol ; pendant ce temps, les métro passent, on ne les entend plus.

2 commentaires:

secondflore a dit…

Avant-hier cet homme dans la rame qui m'a regardé d'un drôle d'air lorsque je lui a signalé que nous étions au terminus. Quand les portes se sont refermées sur lui, j'ai pnsé qu'il y a longtemps que je pense à faire cette expérience toute bête. Qu'y a-t-il après le terminus ?
Après tout, ce srait simple. C'est sans doute la pensée de cet homme qui m'arrête.

Arnaud Maïsetti a dit…

il y a un demi-tour

non ?

(à voir)