23.2.07

premièrement

"bifurque"

Et deuxièmement la peur – il aurait fallu en commencer par là (quand il dit sauve toi, il veut dire sauve moi), pas comme on le croit, pas le repli, ni le silence, au contraire. De la dernière nuit passée, criée, et de tout ce qui s’est passé depuis, et de tout ce qui arrivera, et de cette peur plus grande que moi qui me lance le matin, me lance dans le bras, la jambe, dans la peur même, et de tout ce qui s’est passé avant, bien avant la peur : le contraire du repli plutôt, oui. De tout cela, la seule image c’est le trou qui grandit dans la bouche, le trou qui prend la place dans la tête. Ça occupe toute autre chose. Alors dans le contretemps, la peur inscrit le temps plein, et ravage. Transitive le reste. Régit chaque pas. Peur de rien d’autre que de cette peur qui loin de paralyser, pousse à la fuite, sauve moi. Sauve toi plus loin. Dans notre dos, la ville devient petite. On va plus loin encore : ne pas la voir. On oublie l’image, notre visage comme un masque qui s’épaissit, et se fige dans la peur. La peur qui nomme chaque chose. Il y eut un jour, il y eut un matin. On lève les yeux, et le masque effacé coule le long de notre visage qui ne se différencie plus du masque. Troisièmement la colère.

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