28.3.07

colères

"ligne 4"

applats blanc sur toute la largeur, applats griffés devant, et derrière le bruit de la rumeur qu'on tait, c'est par vagues successives, des cris qui montent et dépassent un peu le mur (un peu), puis descendent et semblent ne plus se distinguer de la moiteur du soir ; devant, juste la hauteur de ce mur, je suis de l'autre côté, et de l'autre côté, je sens gronder, gonfler la rumeur qui s'éteint, et qui renait plus loin, j'imagine (puisque je n'en sais rien), les colères tenues contre soi qui dégorgent, qui rompent, (car ce n'est pas de la joie que j'entends, ce n'est pas de la joie), j'imagine les colères et les insultes - j'imagine et de l'autre côté du mur, où je suis par la force des choses, les mouvements de foule : une dernière gravit la surface terrible du mur, avant de s'effacer sous la lourdeur d'ici (et demain, livrée aux intentions qu'on leur prêtera), avant de s'anéantir, une dernière bouffée de colère griffe le mur, entaille une partie, qui se fissure,

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