4.3.07

produire l'effacement

"ce soir à travers mes rideaux, éclipse totale de lune, on dirait"

Ce qu’il faudrait penser, de cette pensée qui s’insinue, cailloux mâchés dans la bouche, cette pensée simple, droite et sereine, je ne sais pas. L’idée, c’était de formuler en une ou deux phrases, la nature du temps pensé ; la nature pensée sous deux phrases, ou moins - ce poids de temps qui s’insinue, pénètre, dévaste ce qui tenait encore droit sous l’épuisé. Transposé, intelligible et tenu serré contre soi, tendu bout de bras : le temps : transposer le temps simple et serein qui pénètre, (écrire, parler, le reste aussi) en une pénétration plus souple encore, plus profonde enfin ; transposée cette lumière s’éteint. Et de cette extinction de feux en moi produite, produire l’effacement progressif du temps. Ce qu’il faudrait penser – de l’effacement progressif du temps dont on produit l’avènement (ici, ailleurs, ou partout, quand c’est possible), (maturation lente et pénible articulation du temps sur la parole), temps dont on prépare un jour la reconnaissance.

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