14.3.07

répandu

James McNeil Whistler, Sea and Rain : Variation in Violet and Green

Ce soir cette toile de Whistler - sur la terre une vague après l'autre échouée sous les pas d'un homme qui s'avance (quelque chose le retient - encore ; quelque chose dans la confusion du ciel et de la mer, de la mer et de ce bras de terre avancée : quelque chose peut-être dans cette position tendue du corps qui ne saurait recevoir que l'effacement, qui saurait le provoquer seulement mais jamais l'atteindre), et quand je pense à la fatigue, cette retenue me réveille en moi, et m'attire malgré moi, dans les coins chauds de la conscience où peut-être le risque de pénétrer l'eau se dresse comme le salut, et la chute, et m'arrache de cette torpeur où je vautre l'attente, et le sang mêlé du désir répandu sur mes doigts, sur la peau qui délimite son territoire, parle le crachat effacé de ce soir, cette toile de Whistler

7 commentaires:

Un peu plus à l'Est... a dit…

Moi, ce soir je ne voulais pas écrire, j'étais plutôt tranquille avec ma paresse, et puis finalement... Je crois que ces instant sont finalement les meilleurs moments, des moments précieux qui se cachent derrière un petite et arrogante futilité. Le futile ne nous rapproche-t-il pas au plus au point du romantique? Belle toile chez toi, nostalgie chez moi.
Fatiguée mais heureuse de te lire, heureuse de découvrir la très convaincante illusion de "te voir" ainsi plus souvent...
Fatiguée je l'ai dit, je vais me coucher.
Bonne nuit.
Mk*

Anonyme a dit…

Absence? manque de temps (pour lutter contre lui)? Perte dans l'espace Withlerien?
:)
Mk*

mina a dit…

je ne fais que passer dans ton univers rouge et noir. Le portrait d'Egon Schiele en illustration du tien m'intrigue un peu. Le choix de cette jeunesse déjà déformée, sans doute.

Arnaud Maïsetti a dit…

passez, passez - oui (ne faites que passer : à contretemps, toujours le passage régulier est stérile...)

schiele n'illustre rien, regarde d'en haut, d'en bas, de partout sans jugement ni intention : jeunesse dévorée.

piccolofio a dit…

je passe et repasse sur celle-ci depuis - mais tu le devines - ce pourrait être un piège à fiona-s, la mer comme ça...happée que je suis dans ce paysage, et les mots comme compagnons du voyage -

Arnaud Maïsetti a dit…

et se demander qui de la mer ou du type là, hésitant, résolu, qui du ciel ou de la brume, tient davantage de fiona - tu sais toi ?
ou alors, le flux et le reflux de la mer et des pas ensemble, pas de danse - entièrement toi, aussi : pas de danse esquissés pieds nus...

ça fait un piège idéal

hellohlala a dit…

retenue du contretemps dans l'effacement, mais patience, vague après vague