7.3.07

se pencher, voir (poursuites)

mains courantes

Mise aux arrêts des sens, interruption brutale de l’interruption du soir, et poursuites qui prolongent le théâtre, sur scène au fond du couloir, nous ne sommes pas libérés, quand soudain sous nos pieds nous sentons les machines stopper, et le mouvement vaciller sur le point de s’arrêter, nous nous penchons au dessus des mains courantes, et le ciel ne cesse pas : cette immobilisation impossible se prolonge – j’entends : on pourrait bien croire que l’histoire finit, tout s’achève avec elle, la farce réduite alors à une pantomime (gestes à peine esquissés), mais quand je me penche, je vois bien que la délivrance n’arrive pas – que jamais libérés de l’attraction, nous marchons un pas après l’autre ; oui : et cette histoire ne s’écrira pas sans nous : l’absence désigne sous les plis qui recouvre l’histoire, le poids qui tout à l’heure la recouvrait : à charge pour nous qui restons, renonçant à changer les lois de l’attraction, de prendre acte d’une immobilité que nous déplaçons sous chacun de nos pas.

2 commentaires:

Un peu plus à l'Est... a dit…

voilà une "image" qui fait, je trouve, une belle photo.
Impatiente de partager les miennes et de passer un moment avec toi.
AUjourd'hui, rentrée au boulot, encore toute groguie par mon voyage. J'ai envie de sommeil et de langueur...va faire entendre ça à mon cher petit commerce cinématograhique...!
Bises
Mk*

Arnaud Maïsetti a dit…

mais image seulement
image sans profondeur ni champ
juste l'évidence, non, de l'image sans intention, sans volonté, sans effort, sans renvoi à autre chose qui donnerait sens, écho

c'est pour ça que je te disais : image