29.4.07

désarticulée

le rideau prêt à se lever


à présent, le décor est posé, les silhouettes éparses et désarticulées se tiennent prêtes, rien ne bouge, je me tiens (derrière le rideau sur le point de se lever), je me tiens et ne bouge pas : mon corps respire chaque particule de l'air appesanti du matin baillé de toute sa force, particules lourdes sur mes poumons, le souffle inutile me coûte tant (j'ai cessé de respirer), et j'attends - mon corps bientôt traversé à l'horizontale par la lumière, à la verticale sous l'assaut mené par chacun de mes pas sur la ville - le matin toujours rejoue la scène inquiète des rendez-vous promis, des promesses écartées, des malentendus insistés - l'attente (en laquelle je dérive, mais place tant ; je ne suis pas égal à moi même). Car à présent le décor posé ne bougera plus, chaque chose à sa place, trop tard pour tout remettre : premier pas lancé dans le jour (qui cessera le premier ?) - de l'incompréhension que les courbes décrivent ici, je ne suis ni le coupable, ni le complice ; seulement le spectateur attentif - théâtre muet ; attente interdite.
La musique commence - scande l'articulation du jour avec la lumière ; la voix désarticulée du matin enfin, qui voudrait parler cette vie jetée, crachée, attendue - que j'attends. La musique continue - callous sun.


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