9.4.07

passage de la Reine de Hongrie

en bas de Montorgueil

« Et ce ne sont point là chansons de toile pour gynécée, ni chansons de veillées, dites chansons de Reine de Hongrie, pour égrener le maïs rouge au fil rouillé des vieilles rapières de famille,
Mais chant plus grave, et d’autre glaive, comme chant d’honneur et de grand âge, et chant du Maître, seul au soir, à se frayer sa route devant l’âtre »

Saint-John Perse, Chronique

les passages transversaux distribuent la route droite et l'éparpillent mais je ne l'entends pas (les reines de Hongrie continuent leur chant de guerre pour se donner du courage sous les tapisseries qu'elles filent en attendant le bruit des tambours : la bataille n'est pas finie) non je ne l'entends pas je ne l'entends pas et je ne sais pas je ne vois rien qu'un pas après l'autre la lente remontée vers orgueil et les retables séchés où plus loin la plaie béance des marchés la plaie grand ouverte comme une bouche qui avale toute la journée d'une seule mâchoire et se referme dans un bruit sec je ferme les yeux je ne veux pas entendre ni voir ni sentir sous la nuque son souffle chaud qui se rapproche qui passe à ma hauteur et s'abat plus loin sur un plus faible que moi

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Frayeur...sincère.
Mk*