12.5.07

au matin

« morte, l’esprit perce le corps et le perfore à la commissure des lèvres, dessine un sourire mais personne ne peut le voir ; en quittant le corps, l’esprit efface toute expression sur le visage. C’est ainsi. Quand on se réveille, plus fatiguée encore que le soir – et la fatigue de la veille s’accumule sur les lendemains ; on n’en finit pas. A la commissure des lèvres, ai dessiné dans mon rêve des ailes au crayon noir, et le crayon changé en couteau a prolongé la caresse. Lorsque je suis morte dans mon rêve, cette nuit, je n’ai pas pensé à sourire, seulement au masque que j’aurai pour toujours, quand l’esprit d’un coup de chiffon en traversant mon corps efface de mon visage l’impression de la vie, l’expression lassée de la fatigue. Voilà que je suis debout, et je ne suis pas morte ; je marche et sur mes lèvres, il n’y a pas de trace de la nuit – mais je suis encore plus fatiguée qu’hier ; moins que demain, et c’est ce qui me rend si lasse. » (elle)

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