8.5.07

la surprise

écran noir -

"Ecran total sur les pores de ma peau
Ecran total sur nos remords
Que dire sinon s'enduire
De tous les crimes." - Bashung

renversé là, étalé, épanché d'aucune soif et ouvrant la bouche plus grande que le visage, émaciement prononcé jusqu'à l'os, jusqu'à plus profond encore, jusqu'à derrière l'os, le nerf, et ce qui constitue le nerf du muscle, la torsion visible de chaque nervure de peau craque la peau et la remplace ; et je passe devant lui - ce type sans visage - juste un regard surpris qui ne regarde plus rien, peut-être entrevoit il un puits de lumière, plus sûrement une profondeur de noir qui s'approfondit de plus en plus depuis l'arrêt du coeur, et les types qui l'entourent, qui le secourent, le voient mourir n'y feront rien - la surprise l'a pris et ne le lâchera plus (châtelet, il y a une heure, à la sortie du métro, en haut des marches, la mort de ce type) - dans les journaux, on raconte le déroulement lascif du temps, les reculs pris sur les évènements, les évènements comme des surprises défigurés qui prennent place au temps, renversé, étalé, secouru, lassé - et continu sur les plages de temps qui se poursuivent, ne s'arrêtent pas à un battement de coeur de plus, de moins

nervure creusée à même le mur sur un mur creusé à même le mur creusé

1 commentaire:

Anonyme a dit…

"Dans les journaux, on raconte le déroulement lascif du temps, les reculs sur les événements"...ce matin, sur tous les panneaux de Bastille, les journaux titraient "(événement) historique". Entre ton temps d'"il y a une heure" et le mien de ce matin un lien, une onde, un reflet (peut-être sur du verre brisé). Bien de se lire. Quand pourra-t-on se parler...?
Mk*