17.5.07

contrejour - jeudi

à peine sorti

dans le théâtre, ouvert en deux comme un ventre, séparé à l'extrême du possible par les corps, les langues, les gestes si lents qu'ils ralentissent la langue même, et le temps rendu plus pesant que sa durée jette sur chaque conscience chaque mot comme chargé d'avantage de colère - d'une haine qu'on mâche encore en sortant et qu'on crache en marchant et chaque pas nous dévore

KING RICHARD III

These eyes could never endure sweet beauty's wreck;
You should not blemish it, if I stood by:
As all the world is cheered by the sun,
So I by that; it is my day, my life.

LADY ANNE

Black night o'ershade thy day, and death thy life!

Shakespeare, Richard III (act 4, sc 1)

quand sorti de là le matin ressortir encore et marcher comme hier chaque pas de nouveau rejoue le même pas qu'hier et les gestes et les langues qu'on entend et les mots sont les mêmes mais si loin d'être semblables à ceux qui d'une moiteur interminable avait écroulé tout le temps du monde l'espace d'une scène, enfin - sortir ce matin là, je me rappelle (c'était il y a longtemps peut-être), et regarder en face (Lady Anne inoubliée*) le jour pour brûler un peu du soir passé et le réduire en cendres et le mélanger à la terre

pour s'y allonger

*

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