11.7.07

passe encore

terminal (?)

Dans l’attente, ce n’est pas le temps qui passe sur le corps, non, le pire ; le pire, ce n’est pas non plus l’absence de temps vraiment qui brûle ; mais c'est la morsure du temps achevé qui jamais ne s’achève, ni ne s’achèvera, le pire - cette morsure qui prend, s'étend sur tout le corps, c'est le temps achevé sur une béance impossible à résorber que dans l'attente inachevable : temps qui s’annonce et n’arrivera pas – dans l’attente, la douleur, ce n’est pas le temps passé comblé, mais ces heures à venir qu’il faudra toutes traverser, en laissant sur chacune d’elle, la force de croire qu’une seconde lointaine déterminera le terme. Devant moi, jeté au-delà d’ici, au-delà d’un possible envisagé, au-delà de l’au-delà possible et supportable, une heure m’attend qui cessera l’attente, et cette heure-ci creuse en moi le vide jusqu’à la nausée, sans repos ni trêve, l’heure prochaine et délivrante s’allonge et devient ces centaines d’heures où rien n’arrive que l’attente prolongée, qui se prolonge.

2 commentaires:

lagunedune a dit…

Bonheur de retrouver partout tes mots qui se déposent et explosent en gerbes rouges. Mais c'est ici que je dépose les miens, car ce sont ceux qui me touchent à l'instant, alors que j'accompagne un ami tendre à l'hôpital, qui trouve l'attente pour "l'heure prochaine et délivrante" effroyablement longue, et qui dans ce qu'on appelle folie, et qui n'est autre qu'un récalcitrant désespoir, réclame un impossible raccourcissement

lagunedune a dit…

Bonheur de retrouver partout tes mots qui se déposent et explosent en gerbes rouges. Mais c'est ici que je dépose les miens, car ce sont ceux qui me touchent à l'instant, alors que j'accompagne un ami tendre à l'hôpital, qui trouve l'attente pour "l'heure prochaine et délivrante" effroyablement longue, et qui dans ce qu'on appelle folie, et qui n'est autre qu'un récalcitrant désespoir, réclame un impossible raccourcissement