30.8.07

effeuillage de réalité

"Lorsqu'il regarde par la fenêtre, un poète continue à étudier. Regarder par la fenêtre ne signifie pas s'éloigner du livre, mais accorder celui ci aux signes du dehors. L'étude elle même prend la forme du feuillage."

Yannick Haenel, Cercle



Par la fenêtre peut-être ouverte, il n'est pas vraiment sûr que la cour intérieur soit dehors - ni que le reflet déposé sur la vitre appartienne véritablement au dedans.


Par la fenêtre soudain troublée, le tremblant de réalité qu'il perçoit bouge sous les doigts, et les yeux se ferment pour mieux voir et plus loin.

Le type dedans regarde sa montre, et éteint la télé, ouvre le lit dans un claquement et s'apprête à fermer les yeux au dehors - ce n'est pas forcément que les mots lui manquent, ni que l'étude prenne fin, au juste a-t-elle commencé : c'est que la fenêtre s'efface et devant lui l'effacement du dehors que cela provoque abolit autant le dehors que le désir de le regarder comme un insecte ouvert.

1 commentaire:

sylvie a dit…

battements d'elles
battements de s'il
ailes entrouvertes
sur l'irréel
il se referme
indocile