19.8.07

minusculement

de dix heures le soir à dix heures le matin sans s'arrêter vraiment ni respirer tout à fait novembre à ma fenêtre qui n'en a pas fini avec l'été - la gouttière du troisième étage est cassée, l'eau tombe (une goutte après l'autre) longtemps après que la pluie se soit arrêtée - c'est pénible dit-elle ce bruit, c'est pénible, on dirait qu'il pleut encore - la gouttière doit se vider entièrement - une goutte une à une percute le rebord de ma fenêtre dans un bruit irrégulier - et je crois - dit-elle : c'est l'irrégularité du bruit dans ma tête le plus pénible : le bruit inconfortable du bruit dans lequel je ne peux pas m'introduire, toujours inattendu le bruit de la goutte métallique sur le rebord - et même quand il s'arrête de pleuvoir : et il peut recommencer avant que la gouttière du troisième ne se désemplisse - et ça recommence : sans s'arrêter de dix heures le matin à dix heures le soir : c'est irrespirable : le poids de novembre en avance qui s'entête - et s'écrase ainsi minusculement et sans répit dans ma tête

2 commentaires:

Un peu plus à l'Est... a dit…

...encore une fois, question de mesure, de poid, de dimension, d'échelle...et de distance peut-être : Nos "visions" se répondent. Ici, on ferme les yeux pour ne pas voir que la nuit tombe en plein jour - midi sous le ciel lourd de minuit - et en soi-même, on crie, pour ne pas entendre le bruit, et pour ne pas réveiller l'envie de prendre la fuite on se contente de prendre un peu peur...ici, on attend, attentif alors que nous écrase un orage monutal - keine Engel über der Himmel von Berlin, nur der Dunkel TeufelMantel von "Faust" - un orage qui se préparait depuis longtemps, avant la nuit peut-être - un orage qui me sort de cette drôle "d'apnée" que je tiens depuis quelques jours, un orage s'étend tout autour, qui nous fait respirer...un orage salvateur mais irrémédiablement sec...Ici, chez moi j'attends la pluie qui tombe sur Paris, chez toi.

Mk*

Arnaud Maïsetti a dit…

qui tombe est un faible mot