12.8.07

monochromes

averses immobiles

La voix qui commence :

mélange sur les doigts des couleurs
les plus sanguines et des plus âpres
des plus sorties de soi
des plus longues à venir et pourtant
des plus lourdes à retenir
Lui qui n'entend pas voit :
la rue coupée en deux par l'après midi achevée - malentendu entr'aperçu sous les trombes - mars qui continuait de se répandre - et de se terminer - couleur identique de ma journée - et de reprendre - monochrome étalé sur ma toile blanche comme on s'attache aux heures les plus saillantes ; couleur de sang blanc ; couleur de sang et moi : dressé à compter les gouttes de mon poignet ; et à les boire
elle qui dit enfin dans un souffle sans s'arrêter et sans le regarder:
"monochrome éparpillé de rouge, de blanc, de noir à perdre la vue - monochrome la couleur du jour et de la nuit - monochrome la souplesse des heures qui s'enchaînent - attendre l'orage - la brusque dispersion des couleurs -
le sang dévidé sous le désir"

3 commentaires:

Un peu plus à l'Est... a dit…

Quelle belle image

lagunedune a dit…

couleur de sang et moi
couleur de sans émoi
dispersée
goutte à goutte
et sans chaîne

Arnaud Maïsetti a dit…

goutte à goutte, et même à torrent -