9.8.07

ne pas quitter paris

"palombine"


foudres blanches
foudres prolongées
foudres sans arrêt
frissons
immenses environnement
rafales

Henri Michaux, Paix dans les brisements

sans effort, tombent comme dans un rêve, les lames en fer blanc : les lames froides d'en haut qui se brisent sur le toit - et dedans chute des corps sur mon lit, draps défaits du visage aussi nombreux que moi ; dedans : tomber sans prise sur rien, les hanches, les genoux pliés, les reins serrés contre soi, se serrer attendant que la pluie cesse, et la peur de la voir tomber ici, où l'on se serre, plus fort encore si l'on était seul - la pluie pourrait tomber sans effort, ça ne change rien à l'effort que je fais moi dedans où je ferme les yeux pour cesser de tomber avec elle

3 commentaires:

Un peu plus à l'Est... a dit…
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Un peu plus à l'Est... a dit…

...ici c'est une masse qui assomme qui prolonge les chairs sous lesquelles disparaissent les os, les corps vides…s'en est fini des entités cassantes ou blessantes (des lames, des larmes, de la pluie). Ici, la chaleur écrasante nous fait douter de ce qu'on croyait pourtant acquis : la douceur de cette vie de flânerie, de terrasses où l'on perd avec une pleinitude absolue chaque minute de ses journées (en ingurgitant des litres de café au lait sucré..quoi qu'indique le thermomètre). Calme, lenteur, langueur peut-être...tout ceci n'est qu'un échauffement, les prémisses de quelque chose de plus fort que les plaisirs innocents dont semble faite cette ville...cette ville qui en dépit de l'espace disponible, cultive la folie du vide! A Paris si on ne se bat on meurt, mais à Berlin qui n'a rien à créer, n'existe pas...

Arnaud Maïsetti a dit…

et là-bas, on y tend la pelouse - ici, elle déborde
!