22.8.07

odéon - 17h12

"la foulée assurée
le monde lâchée derrière soi
les émotions crachées
comme des crachats sur les larmes
et la pluie de mars sous chacun de mes pas

les voitures officielles
les livres officielles
les inondations officielles
les parcours non
les parcours inventées derrière
chaque foulée
chaque foulée semée derrière chaque
pas - les mouvements de foule officiels foule qu'on
commande d'une émotion facile à jouer
face caméra pour oublier le vide
le vide remplie de nos chutes
qui remplissent ma gorge"


dit-elle la voix dans ma tête qui court, et traverse la place, dit-elle la voix et puis s'en va, et puis me laisse, là au milieu, place de l'odéon noyée, les ressacs de la pluie qui s'échouent à mes pieds, et puis s'en va et me laisse là et la foule éparpillée les mains sur la tête pour s'en protéger, la pluie qui s'infiltre quand même sous les paumes ridiculement dressées en armures de papier, moi je regarde et ne m'en lasse pas - personne ne me voit : la voix partie, les jambes coupées, les cheveux mouillés sur mes yeux

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