26.9.07

immobilisée ici

- Quand on rentre dans la chambre, après cette semaine d'absence, la lumière déposée sans moi comme de la poussière sur la poignée de la porte, sur le bureau, la poussière sur les murs même ; on voudrait respirer l'absence de cette semaine là qui n'est pas passée ici, tout est à sa place ; le reste va continuer ; et je respire lentement, à plein poumon, la lourdeur de cet air là enfermé depuis sept jours sans bouger : quand j'avance, que je le remue, que je m'enfonce dans cette semaine là immobilisée ici, où rien n'a passé qu'une porte refermée, parenthèse ouverte sur l'attente déchirée à mesure que j'avance le bras, là, que je penètre dans la pièce sans oser souffler - la poussière se déplace avec moi ; et sur la table, posée comme une trace de doigts arrachée, la semaine passée loin d'ici a la forme d'un livre oublié, à peine je le prends, la poussière se retire - se dépose sur mes mains. La fenêtre ouverte aspire le reste. Evanouit une semaine passée à l'attendre.

2 commentaires:

Marion a dit…

dans l attente a contre (coeur avec le) temps...

dans l attente que tombe la poussiere comme vont les souvenirs inacheves. La poussiere recouvre et est oubli. Elle conserve egalement.

passee a attendre celle qui, elle, est attendue.

Un peu plus à l'Est... a dit…

Savoir attendre oui, s'arranger du mutisme tourmenté des retours et apprendre aussi un peu de l'art difficile du "comment revenir"

Loin déjà, la sagesse des départs...