16.10.07

le désastre


(ce soir, devant les colonnes de chiffres comme devant une foule, comme devant la foule jetée en avant de soi et sur laquelle on avance, ce soir, penser au désastre, coupable d'aucun crime, penser au désastre innocent, sans visage, sans corps, sans regard, sans nombre - et quand je marche, sur quoi je pose les pieds, et de quoi ma vie se trouve justifiée : le décompte se fait, les corps sont remplacés par autre chose qui ne porte pas de nom (on dirait du sang trié en bon ordre), ce serait plutôt, oui plutôt : le décompte d'un temps qui n'est pas arrivé encore, temps étranger à tout ordre, à toute tentative de le faire respecter)


1 commentaire:

Prax a dit…

Dans la rue en octobre, le temps ne doit pas se dérouler mais greloter sur place, temps figé, temps glacé.