10.10.07

décompter les corps

passage du temps
mouvement qui voudrait déplacer la rue
ne déplace que le regard



flux bligatoire qui charrie avec lui les nouvelles du temps qui passe et ne s'arrête que lorsque avec lui s'arrête le temps même du décompte - flux des visages que je croise sans arrêter un seul regard - flux des paroles qui passent entre mes lèvres sans sortir une seule fois de la bouche - comme on décompte les corps, l'un après l'autre, une tragédie qui devient statistique, l'un après l'autre les corps forment un ensemble homogène pour donner nom au désastre : ce n'est pas de temps qu'on vieillit, mais de l'oubli organisé en temps voué à devenir si minuscule, jusqu'à devenir illisible - et s'effacer. Ce n'est pas de vieillesse qu'on meurt, mais de perdre patience - de perdre la colère qui tenait debout le ciel droit sur la jeunesse aux poches crevées, d'où s'écoulent nos marches. Ce n'est pas de fatigue que l'on dort, mais de lâcheté à ne pas prolonger la veille.

3 commentaires:

Prax a dit…

Le côté positif est que cela va, peut être, ouvrir une nouvelle réflexion philosophique : après la finitude de l'homme (je vais mourir, pourquoi ?), voici la limitation intellectuelle (je ne peux pas traiter toutes les informations, pourquoi ?)

Arnaud Maïsetti a dit…

et surtout : pour quoi.
(non ?)

Prax a dit…

du bon usage de la limitation intellectuelle dans la sélection informative