9.10.07

langues mortes

porte saint-denis

on s'arrange avec les codes, on se comprend sans avoir besoin de justesse, de précision - on apprend les mots de chacun, s'approprie les formules qu'on associe aux langues familières qui parlent dans nos têtes, les insultes qu'on porte comme un masque. Et quand les langues mortes ont fini le travail de sape, quand les langues enterrées se vident encore un peu plus jusqu'à recracher de leur gangue les leçons pour le siècle des grammaires épuisées - les langues jetées sur les murs n'ont plus besoin de mots, ni de geste, ni de sens. Sur chaque mur, sur chaque peau, comme la douleur de nommer. Sur une porte, on frappe au mur et déchire les peaux mortes qu'on n'a pas oubliées. Les cadavres qu'il faudrait déterrer plusieurs fois pour s'assurer de leur mort.

1 commentaire:

Prax a dit…

Je peux déterrer 1000 fois, cela ne changera rien si dans ma tête je n'y crois pas. Encore une croyance plus forte que les faits.