6.11.07

# 1 [3 décembre]


"have a nice day" syd matters, A whisper and a sigh, 2003

Je ne me rappelais plus de rien, sauf de cette nuit qui avait duré toute le nuit et qui dormait encore peut-être là-bas où je l'avais laissée, et déjà, je ne sais plus si c’est d'elle dont je parle, ou si c'est de la nuit. De cette nuit qui n’avait pas été préparée. Quelques heures qui insultaient le monde, et tout ce que l'on pourra dire ne compte pas. Je me tiens au dessus des hommes.
Les rues étaient vides, et les cafés, mais les publicités étaient restés sur les murs. C’était au delà de mes forces cette ville qui s’ouvrait devant nous ; la fatigue n’existait pas, juste sa voix, ce filet de voix dans lequel j’étais pris. Et ses yeux, que je ne voyais pas.

J’avais l’impression d’être un voleur, entré quelque part où l’illégalité donnait à chaque chose plus de prix - dans un château, une maison hantée par la beautée, ou ailleurs où je n’étais jamais allé, ces lieux, ces musées que j’ai toujours détestés parce qu’ils respirent la ve exposée comme des viscères, et comme des œuvres d’art. Le maître du château allait revenir, mais en attendant, il fallait regarder, et prendre : tout nous appartenait. On était des assassins, des voleurs. La prison était de l’autre côté de la nuit, mais la nuit nous protégeait.

2 commentaires:

Prax a dit…

S'introduire en catimini dans le bonheur.

Arnaud Maïsetti a dit…

comment s'introduire dans le bonheur autrement qu'en catimini ?