12.11.07

# 2 [3 décembre]


"arpeggi", radiohead, live Ether Festival, 2005

Au plus profond des rues, au pied des murs plus grands qu'aucune ville, tes yeux vers moi comme plongés - et cette question qu'ils ne portent pas et qui cherchent plus loin la réponse qui ne sera pas donnée - et que nous abandonnerons, comme un enfant trop désiré, abandonné au désir lui même, parce que le voir sous nos yeux prendre forme nous éblouit - alors c'est les yeux baissés, et le corps penché sur le froid, sur plus serré que le froid, que je suis chacun de tes pas, ce soir rue Lappe, plus loin, un lieu où échapper, un espace où s'en aller, où ne jamais se retrouver endormi, et la musique de cette nuit avait cette puissance là, tu t'en souviens, arpèges coulés dans la forme de cette ville, arpèges dénouant ses rues comme une robe, comme un lit - et arpèges murmurés comme on souffle sur les doigts pour les réchauffer au froid plus piquant du corps : et tout autour la ville dormait épuisée, la nuit l'emportait - et nous étions ses arpèges dressés comme des sentinelles en fuite, des déserteurs enivrés d'être vivant, chanson de toile composé avec la trace de tes pas qui m'emmènent.

2 commentaires:

Prax a dit…

A partir de 2 notes, on peut envisager l'accord, donc avec 4 pas, l'arpège s'impose.

Arnaud Maïsetti a dit…

à 4 pas - oui : sonate en sol majeur, largo.