4.12.07

par quel miracle

avenue de france

c'est en tournant rue du Chevaleret qu'on fait face au matin ; de l'autre côté de la rue, les chantiers, la terre qu'on remue et qu'on creuse, les vitres qui tiennent lieu d'immeuble, parois transparentes derrière lesquelles le bruit du travail semble faire moins d'effort, tout cela qu'on prépare de l'autre côté de la rue - quand je descends, main gauche rue Watt : le pont devant, les rails partout qui s'en vont, le matin derrière moi déjà ; pensée douce et sereine, pensée calme pour une fois - penser seulement au bruit éventré des vitres tombées par terre par quel miracle, tombé soudain sans cause, sans signe avant coureur, tombées juste sous mes yeux, en plein jour ; y penser une seconde (fermer les yeux puis souffler) avant de repartir, rue Thomas Mann où le reste continuera.

8 commentaires:

Crudite&fleurbleue a dit…

Faire tomber les vitres pour voir à l'intérieur ?
Ou juste parce leur apparence fragile ne leur laisse pas d'autre destin ?

barbara a dit…

Amusée de lire une géographie semblable pour des lieux éloignés - des trajets en écho près des facades de verre sous leurs traces de fer -

et des places aussi pour les pensées calmes

Arnaud Maïsetti a dit…

@ crudité & fleur bleue : non -juste pour le bruit, juste ; c'est tout.

Arnaud Maïsetti a dit…

@ barbara : géographie semblable ? lieux éloignés ? mais parcours semblables, je le devine. Les Grands Moulins ici prennent d’autres formes plus loin ; formes de géants sur lesquels on vient se fracasser, non ?

Barbara a dit…

Des géants oui - sans aucun doute - avec leurs grandes ailes noires et blanches qui amusent et déséspèrent parfois
Des chemins de pages - parfois désertés -
Parce que l'on ne sait pas - mais qu'importe pas vrai - où ils peuvent nous conduire
De ces pas-grand-chose qui font tenir plus loin que le simple aujourd'hui et goûter malgré tout à ce qui part aussi

Et puis le reste - qui prend beaucoup de place - les stries du monde

Marion a dit…

"Lorsque j'y ai z'été
Pour la première fois
C'était en février
Mais il n'faisait pas froid
Les clochards somnolaient
Sur les grilles fumantes
Et les moulins tournaient
Dans la nuit murmurante
J'étais avec Raymond
Qui m'a dit "Mon colon,
II faut que tu constates
Qu'y a rien comme la rue Watt,
La rue Watt !"

Une rue bordée d'colonnes
Où y a jamais personne
Y a simplement en l'air
Des voies de chemin d'fer
Où passent des lanternes
Tenues par des gens courts
Qu' ont les talons qui sonnent
Sur ces allées grillées
Sur ces colonnes de fonte
Qui viennent du Parthénon
On l'appelle la rue Watt
Parce que c'est la plus bath
La rue Watt

C'est une rue couverte
C'est une rue ouverte
C'est une rue déserte
Qui remonte aux deux bouts
Des chats décolorés
Filent en prise directe
Sans jamais s'arrêter
Parce qu'il n'y pleut jamais
Le jour c'est moins joli
Alors on va la nuit
Pour traîner ses savates
Le long de la rue Watt
La rue Watt

Y a des rues dont on cause
Qu' ont pourtant pas grand chose
Des rues sans caractère
Juste un peu putassières
Mais au bout de Paris
Près d'la gare d'Austerlitz
Vierge et vague et morose
La rue Watt se repose
Un jour j'acheterai
Quelques mètres carrés
Pour planter mes tomates
Là-bas dans la rue Watt
La rue Watt"
Boris Vian

Cela me fait du bien tes photos, et puis loin, tres loin de tout ca, j'apprecie encore davantage notre Paris. Bons baisers de Rangoun.

Arnaud Maïsetti a dit…

la rue watt a bien changé - aujourd'hui, par exemple, il y pleut (remarque, c'est mieux pour faire pousser ses tomates...)

Anonyme a dit…

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