8.12.07

quatorze heure sur les toits


"bye", elliott smith, figure 8, 2000


on était sorti parce qu'on étouffait, on se demandait où aller, et de toute manière, on savait qu'on n'irait pas très loin, alors monter sur les toits, c'était une manière de partir, on se doutait que ce n'était pas la meilleure, mais quand même ; tout autour la seine, ou des immeubles plus hauts que des murs ; monter sur les toits, prendre l'air, prendre le temps, prendre la vue, et la mesure des choses, la douce et froide distance nécessaire au reste ; on regarde un peu, les types qui parlent au loin, les leçons, les postures, les autres qui écoutent comme on se laisse distraitement apaiser par le vide dans lequel s'enfoncer une heure après l'autre - on voit les effets de manche, les gestes seulement : et quand on regarde plus loin, le ciel écrase tout, inonde tout, absorbe tout ; les murs sont transparents, mais les cloisons sont épaisses. Ne reste que la vague impression qu'on nous observe, et qu'on nous juge, nous aussi -

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