9.1.08

à voix haute


penser tout haut, là, au dessus du vide (ou presque), ce qui bascule avec le corps lorsque la descente vers la voix s'opère, ce qui bascule avec cette idée du corps - lorsque ce qu'on tenait pour arrimé le plus solidement à la ville bascule aussi (comme par exemple, les heures de jour allongées d'une minute chaque jour : se demander ce qui s'allonge avec cette minute, la ville ou le jour, ou la nuit ainsi davantage préparée). Penser à voix haute l'articulation du vide et du pas qui l'enjambe, l'articulation de la maladie et de sa thérapie, l'articulation du jour ouvert sur la nuit fendue, l'articulation de la voix sur la voix plus lointaine qui lui donne appui et élan - penser à voix haute et basculer.

3 commentaires:

brigetoun a dit…

penser à voix haute, petite façon de rester soi, de mettre distance avec le monde et d'y entrer, au risque d'être prise pour une douce fada

Omne a dit…

Bravo — et Tarkos, en plus.
J’avais prévu de me lancer aussi, mais il faut avant que je règle ce vilain bruit de fond, derrière la voix qui dit.

Alors basculer.
Basculer.
Et s’apercevoir peut-être que ce n’est pas tomber vraiment. Que rien n’a chu. Sinon l’idée, peut-être de ce qu’était ce vide.

Arnaud Maïsetti a dit…

@brigetoun : penser à voix haute, occasion aussi d'être autre que soi, emprunter la parole d'un autre qui pourra nous dire mieux...

@olivier : et tarkos, surtout...