20.1.08

l'intersection

Sur mon bureau, ce livre de Genet, Pompes Funèbres à peine ouvert et déjà trente pages traversées comme d'un même geste ; trois autres livres d'études davantage regardés et soulignés, sans rien qui me reste qu'un peu d'encre sur mon doigt. Intersection nulle, entre. Mais c'est entre laquelle je me tiens. Au bord de tomber, je sais.

Dehors, en rentrant tout à l'heure après avoir respiré, jeter un vague regard derrière l'épaule, au-delà des antennes sur les toits, voir à peine la traînée de ciel dans les nuages qui n'avait pas plus d'épaisseur que cela : cette intersection plus mince que moi.


Dans la chambre, j'ai mis la musique, pas trop fort.
Ouvert la fenêtre sur le froid.

Cette nuit, je ne dormirai pas.

5 commentaires:

Prax a dit…

L'intersection se remplirait-elle mieux la nuit ?

Arnaud Maïsetti a dit…

on n'a alors pas besoin de fermer les yeux

brigetoun a dit…

et le sommeil n'a pas alourdi la nuque et détendu la machoire.
Vrai que l'on pense bien la nuit, même comme moi maintenant le jour est presque aussi calme

O' a dit…

"Mes nuits sont plus belles que vos jours", un film qui me faiti penser à votre note...

Arnaud Maïsetti a dit…

@ brigetoun : on pense toujours la nuit plus pesamment, et plus précisément - oui.

@ o' : pas vu... désolé... essayer de voir ça : merci du passage...