25.2.08

le prix du manteau


Croix dressée au ciel pour en construire un autre, imaginer les perspectives nouvelles, on économise sur le sol, et on agrandit les espérances - ce ne sont pas les prix qui montent, ce sont les efforts pour les toucher ; dehors, on réclame à grands cris le besoin d'acheter de plus en plus ; dans l'immeuble d'en face, on a chassé ceux qui y vivaient : l'immeuble était vide, et ça semblait naturel de s'emparer d'un toit quand il est devant soi, mais non, à l'aube, trois camions bleus qui les attendent, les voisins ont dû prévenir.

Croix dressée au ciel au pied de laquelle on joue aux dés le même manteau qu'on vend, mais qui cette fois n'est fait que de la peau des types de l'immeuble d'en face qu'on emmène.

5 commentaires:

ariane a dit…

des accents aragoniens? pas complètement en fait, mais on y pense à la première lecture...

Prax a dit…

Le dernier paragraphe, au petit matin, par surprise, cela prend tellement c'est juste(c'est un peu court comme commentaire mais c'est de l'émotion renversante)

Gondolfo a dit…

Bonjour

j'aime beaucoup cette allégorie de la croix, merci :)

Yolar a dit…

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Arnaud Maïsetti a dit…

@ariane : de aragon, n'avoir lu que le "roman inachevé" (et encore, inachevé) - et m'être promis de me plonger dans "le paysan de paris", un jour (et puis, la rose et le réséda, aussi...)

@prax : au petit matin, par surprise, c'est sans doute comme cela qu'on les a cueillis...

@gondolfo : merci du passage.