17.2.08

même distance


à égale distance - du sol au plafond - je me tiens. Le vide aussi proche de l'endroit qui m'en protège : et aussi loin du saut, la planche d'appel qui me projetterait de l'autre côté.

Quand je ferme les yeux, j'entends plus fort les vibrations des tunnels. Je reçois plus clairement les signaux qui me disent - ce n'est pas de plaisir que j'arpente les couloirs, mais de colère. Et la colère tient le plaisir en joue, et le plaisir danse pour lui, dans la peur qu'on l'abatte. A côté de moi, cette vieille femme : ne sait pas combien elle meurt. De combien elle meurt chaque seconde.

Je continue ; je laisse passer un train - un autre. Pourquoi celui là, où j'entre, me semble plus vide, me paraît plus supportable. Le précédent dans une station plus loin, est déjà une autre vie dont on s'est fait maître et possesseur rien qu'à l'avoir attendue, et laissée dans un crachat passer.

Les instincts qu'on enfouit comme au fond des corps, les recettes de l'échange, les sexes partagés comme un billet froissé, et presque déchiré - mais tant qu'il est entier, m'a dit ce type à qui je le tendais, c'est qu'il est valable. Les lits défaits sur les matins semblables à de la nausée, des corps mêlés et encore dans la faim de corps moins fatigués, moins survivants à la nuit avalée d'une bouchée et qu'on touche moins des yeux, qu'à pleines mains.

A même distance, le regard et le désir : l'urgence de parler, et la nécessité de se taire.

L'image déplace avec elle les évidences qui s'échappent à mesure qu'on s'approche de son centre, de sa beauté lumineuse, et qui m'arrache à moi-même, de mon corps et de mes fantômes.

1 commentaire:

brigetoun a dit…

et quand on ne risque pas de retardertrop de monde, l'envie de franchir le pas vers le plus bas