29.2.08

tout le reste


ça tient à la répétition des jours ; aux insultes qu'on entend partout et qu'on prend pour nous parce qu'on ne peut pas faire autrement ; ça tient à l'habitude qu'on a prise de s'arrêter au milieu de la rue quand le ciel prend une autre couleur, et sortir l'appareil pour en fixer l'arrêt mais ne jamais y trouver la même couleur, alors recommencer : ça tient à la répétition toujours déplacée de la lumière dans le ciel, et ça justifie tout le reste ; ça tient au fait qu'impossible de rentrer dans la chambre sans que le premier geste soit d'y faire entendre, pour la rendre vivable, cette musique


"street spirit", radiohead, The Complete Acoustic Sessions, 1996

ça tient à la douleur de la voix, à la lente répétition des cordes, à la couleur que prend les murs, alors : le ciel sur chaque paroi, blanc cassé, au moment où la voix n'a plus besoin de mots à articuler pour articuler la douleur, et l'effort de la parler, au-dedans d'elle même : ça tient au fait qu'à l'écrire, on ne s'en délivre pas vraiment, mais la fouiller plus loin, elle ressemble à la couleur du ciel, et la répétition des jours sur la portée fléchit doucement jusqu'à parler la voix de la douleur : ça tient à la violence qu'on s'inflige et qui n'a pas fini de nous prendre parce que.

1 commentaire:

Malashicage a dit…

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