4.3.08

"es ist ein Nebelstreif"




"der erlkönig", Franz Schubert, Lieder - par Dietrich Fischer-Dieskau (1969)

Sur le rebord de la fenêtre - il est assis, ni dehors ni vraiment avec nous, la tête penché vers le soir - dans la chambre, l'odeur de l'encens, l'alcool, la nuit qui ne finira pas sans qu'on l'épuise, les livres en désordre, la plupart inutiles, d'autres plus rares (ceux là au centre de tout). On parle. Nous deux près du lit, et lui à la fenêtre, qui fume. A la fenêtre, il ne dit pas grand chose, nous regarde juste, et un moment il chante. Il ne chante pas vraiment. Il parle dans la langue de ce soir là, et je ne me souviens pas. Je vois encore la fenêtre, le froid qui entrait, l'épaisseur de ces pages (Celan, Goethe, d'autres aussi) la qualité propre du rire au wasserfall blond, le timbre de ces soirs là, ce poème qui traverse l'oubli, ce soir, sans que rien ne l'ait préparé.

1 commentaire:

brigetoun a dit…

je rêve que je me suis trouvée dans une chambre, pas celle-là, et il y a longtemps, mais c'était cela