3.3.08

les passeurs d'ange

Au passage, on dispersait des ombres pour les emprisonner, mais ils ont fini par comprendre, ou par ne plus avoir peur, alors ça ne servait plus à rien. Pourtant, on a continué, par habitude - ou pour la beauté du geste. Dans les tunnels de métro, on peut voir un peu de cette poussière d'ange qui dessine la trace de nos silences impuissants à s'établir, dans le fracas du monde.


"Le silence - quand la voix se tait au dehors de la bouche."

Quand ce n'est pas seulement de la douleur, mais l'extinction du dehors produit par la voix, qui serre la gorge, et laisse place aux gestes.

Quand ce n'est pas uniquement le bruit de fond de la ville qui pénètre chaque seconde entre nous, mais la densité d'attente de part et d'autre de laquelle on se tient, et le premier qui bouge tombe dans le vide qu'on vient de tisser patiemment de nos silences.

Quand ce n'est pas deux corps qui se touchent, qui se taisent, mais deux paumes l'une contre l'autre qui ne parviennent pas à s'échanger et qui recommencent.

"Dans leurs silences - ce qui reste interdit"

1 commentaire:

... a dit…

hm tout comme recevoir des compliments je ne sais pas en donner, mais je sais les formuler et les garder secret, tu es quelque part dans ces chambres secrètes. Mais ici, là enfin je veux dire devant la broderie - juste un sourire...dans leurs silences, ce qui leur reste d'interdit.