9.3.08

vaincu

A côté d'elle était assis son père, les mains croisées sur le pommeau de sa canne, la barre rigide de sa moustache perlée d'humidité, comme de l'argent dépoli. Elle referma le poudrier et, par dessous son coquet chapeau neuf, elle semblait suivre des yeux les flots de musique, se fondre dans la mourante clameur des cuivres, se perdre au-delà du bassin et de la terrasse en demi-cercle où, dans de sombres trouée entre les arbres, rêvaient les reines mortes figées dans leur marbre terni, jusque dans le ciel prostré, vaincu par l'étreinte de la saison de pluie et de mort.

William Faulkner, Sanctuaire

Marcher entre les arbres et les coureurs, luxembourg de poussière, une pensée sans effort aux reines mortes, à leur marbre jaune, au ciel lavé par le temps, à la pluie qui n'arrive pas à tomber et sous laquelle on se tient comme en contrebas de soi ; et puis rêver à l'épitaphe du jour.

3 commentaires:

Dumuro a dit…

See Here or Here

Prax a dit…

La plénitude de marcher quand d'autres courent.

Lolabrok a dit…

quand d'autres courant (s)...